L'Intérêt de Monétiser l'Or au XXIe Siècle : De la Relique Barbare à l'Actif Monétaire Ultime

 

La discussion sur la monétisation de l'or est polluée par une image d'Épinal : un retour à l'étalon-or du XIXe siècle, rigide et déflationniste. C'est une erreur d'analyse fondamentale. La monétisation de l'or en 2025 n'est pas une régression nostalgique, mais une évolution sophistiquée qui se déploie sur trois fronts simultanés :

1 - La réaffirmation de sa fonction économique de "point zéro",

2 - Son intégration dans les nouvelles technologies financières,

3 - Son utilisation comme un levier de puissance liquide dans la plomberie du système financier mondial.

 

Partie 1 : Le Raisonnement Économique Fondamental - L'Or comme "Point Zéro" de la Finance

 

Avant toute chose, il faut cesser de considérer l'or comme une simple matière première. Sa fonction principale n'est pas industrielle, elle est monétaire. C'est un actif a-systémique, le seul qui existe en dehors du système financier tout en étant universellement accepté comme une forme de règlement final.

1.1. Au-delà du Cliché de la "Valeur Refuge" : Analyse d'un Actif sans Contrepartie

Le terme "valeur refuge" est galvaudé. Le véritable pouvoir économique de l'or réside dans une caractéristique unique et absolue : l'absence de risque de contrepartie.

  • Une action est une créance sur les profits futurs d'une entreprise qui peut faire faillite.
  • Une obligation est une créance sur un État ou une entreprise qui peut faire défaut.
  • Un dépôt bancaire est une créance sur une banque qui peut être insolvable.
  • Même l'euro ou le dollar en espèces est une créance sur une banque centrale, dont la valeur peut être détruite par l'inflation.

L'or physique, détenu en propre, n'est la dette de personne. Sa valeur ne dépend pas de la promesse d'un tiers. C'est un règlement final. Dans un monde où la dette totale (publique et privée) dépasse 300% du PIB mondial, cet attribut n'est pas un détail, c'est l'argument central.

1.2. Le Moteur Économique : Le Baromètre des Taux d'Intérêt Réels

Le prix de l'or n'est pas irrationnel. Il est principalement gouverné par une logique économique implacable : sa corrélation inverse avec les taux d'intérêt réels (taux nominaux moins l'inflation anticipée).

  • Quand les taux réels sont élevés, détenir de l'or a un coût d'opportunité élevé (on renonce à un rendement sûr et important). L'or sous-performe.
  • Quand les taux réels sont bas ou négatifs (comme c'est le cas depuis plus d'une décennie), détenir des obligations ou du cash vous fait perdre de l'argent. Le coût d'opportunité de détenir de l'or devient nul ou même négatif. L'or surperforme.

La politique des banques centrales depuis 2008, consistant à maintenir les taux artificiellement bas, a donc créé un environnement structurellement favorable à l'or. La monétisation de l'or est la conséquence logique d'un monde où la monnaie fiduciaire ne rémunère plus l'épargne.

 

Partie 2 : Les Formes Modernes de la Monétisation - L'Intégration dans le Système

 

La monétisation n'implique plus de transporter des lingots. Elle passe par des instruments financiers qui rendent l'or liquide, accessible et transactionnel, le réintégrant de fait dans le circuit monétaire.

2.1. La Démocratisation via les ETF (Exchange-Traded Funds)

Les ETF comme le SPDR Gold Shares (GLD) ont été une révolution. Ils ont permis à n'importe quel investisseur d'acheter de l'or aussi facilement qu'une action. Ce faisant, ils ont drainé des centaines de milliards de dollars vers le marché de l'or, augmentant sa liquidité et renforçant son rôle d'actif financier majeur. C'est une forme de monétisation passive : l'or ne circule pas, mais sa valeur est intégrée dans des millions de portefeuilles, influençant les stratégies d'allocation au même titre que les actions ou les obligations. La critique reste cependant valide : c'est de l'or "papier" qui réintroduit le risque de contrepartie (le dépositaire qui stocke l'or pour le fonds).

2.2. La Révolution des Stablecoins Or et de la Tokenisation

C'est ici que l'analyse doit être poussée plus loin. Des crypto-actifs comme le Paxos Gold (PAXG) ou le Tether Gold (XAUT) sont une forme de monétisation bien plus puissante. Chaque "token" est un titre de propriété numérique direct sur un gramme ou une once d'or physique, ségrégué et audité dans un coffre-fort.

Cette technologie permet de fusionner la permanence millénaire de l'or avec la technologie du XXIe siècle :

  • Vitesse et Portabilité : On peut transférer la propriété de 10 millions de dollars d'or à l'autre bout du monde en quelques secondes pour quelques centimes de frais, 24h/24 et 7j/7.
  • Divisibilité et Programmabilité : Un lingot d'or peut être divisé en millions de tokens, permettant des micro-paiements. Il peut être intégré dans des contrats intelligents (smart contracts) de la finance décentralisée (DeFi) pour servir de collatéral à des prêts, de manière automatisée et transparente.

C'est une monétisation active. L'or sort des coffres pour devenir un moyen d'échange et une unité de compte dans l'économie numérique.

 

Partie 3 : La Puissance Cachée - Débloquer la Liquidité et le Pouvoir du Collatéral

 

C'est l'aspect le plus méconnu et le plus important, celui qui intéresse les banques centrales et les grandes institutions. L'or dans un coffre n'est pas un "actif mort". C'est un levier de pouvoir financier dormant.

3.1. Le Marché des Prêts et des Swaps d'Or

Les banques centrales ne se contentent pas de stocker leur or. Elles le font travailler. Elles peuvent le prêter (via un "gold lease") aux banques commerciales (bullion banks) contre un taux d'intérêt (le "lease rate"). Ces dernières utilisent cet or pour leurs opérations de marché. Une réserve d'or devient ainsi une source de revenus.

Elles peuvent aussi faire des swaps : échanger temporairement de l'or contre des devises (généralement des dollars) pour obtenir des liquidités d'urgence, avec l'accord de le racheter plus tard. C'est une façon de mobiliser la valeur de l'or sans avoir à le vendre définitivement. C'est une monétisation temporaire et stratégique.

3.2. L'Or, Collatéral Ultime dans un Monde de Dettes Douteuses

Le système financier moderne fonctionne sur le collatéral. Pour obtenir des prêts à court terme sur le marché "repo" (le cœur de la plomberie financière), les banques doivent déposer en garantie des actifs de haute qualité, principalement des obligations d'État.

Or, la crédibilité de nombreuses dettes souveraines s'érode sous le poids des déficits. Que se passera-t-il le jour où les obligations du Trésor américain ou les Bunds allemands ne seront plus considérés comme sans risque ?

La réponse est l'or. En tant qu'actif sans risque de contrepartie et sans risque de défaut, il est le collatéral ultime, le collatéral de dernier ressort. Une nation qui possède d'importantes réserves d'or pourra toujours obtenir les liquidités dont elle a besoin, car elle offre une garantie que personne ne peut refuser. C'est la raison fondamentale pour laquelle la Russie et la Chine accumulent de l'or physique sur leur territoire : il ne s'agit pas seulement de se protéger du dollar, mais de se préparer à un futur système où la qualité du collatéral sera la clé du pouvoir financier.

La puissance de la monétisation est là : elle transforme un stock de métal en un flux potentiel de liquidités illimitées et en un pouvoir de négociation absolu dans un système financier en crise.

Une Compétition Stratégique

L'intérêt de monétiser l'or est donc bien plus profond qu'un simple débat académique. Il s'agit d'une stratégie multi-niveaux. Pour l'individu, c'est un moyen de s'extraire d'un système fiduciaire à la dérive, via des outils modernes comme les stablecoins or. Pour le système financier, c'est l'intégration d'un actif de règlement final dans les rails numériques du XXIe siècle. Et pour les États, c'est l'arme stratégique ultime dans la compétition pour le futur ordre monétaire mondial. Il ne s'agit plus de savoir si l'or sera remonétisé, mais d'observer comment ses différentes formes de monétisation (physique, papier, numérique) vont interagir et remodeler la hiérarchie du pouvoir.

Dans cette compétition, l'analyse la plus fine et la plus complète l'emporte. L'or n'est pas le passé. C'est un actif qui force à penser le futur de la monnaie, et sa monétisation est le pivot de cette réflexion.

FAQ

Qu'est ce qu'un crédit Lombard ?

Le Crédit Lombard est un type de prêt bien particulier. C'est un crédit que la banque vous accorde en prenant vos placements financiers comme garantie.

On dit aussi que c'est un prêt "nanti" sur un portefeuille de titres (actions, obligations, fonds de placement, or physique...).

Voici comment ça marche :

  1. Ce que vous avez : Vous possédez un portefeuille d'actions qui vaut, disons, 100 000 €.

  2. Votre besoin : Vous avez besoin de 40 000 € en liquide (cash) pour un projet, mais vous n'avez pas envie de vendre vos actions (parce que vous pensez qu'elles vont monter, ou pour ne pas payer d'impôts sur les plus-values).

  3. La solution Lombard : La banque vous prête les 40 000 €. En échange, elle prend vos 100 000 € d'actions en garantie. Vous ne pouvez plus y toucher, mais elles vous appartiennent toujours.

  4. L'avantage : Vous avez votre argent, et vos actions continuent de vous appartenir (vous touchez les dividendes et profitez de la hausse si le marché monte).

  5. Le risque (Le piège !) : Si la bourse s'effondre et que votre portefeuille ne vaut plus que 50 000 €, la banque panique. Votre garantie devient trop faible pour couvrir le prêt de 40 000 €. Elle vous fera un "appel de marge" : elle vous demandera soit de rembourser le crédit tout de suite, soit de rajouter des placements en garantie. Si vous ne pouvez pas, elle vendra elle-même vos actions (au pire moment !) pour se rembourser.

En bref : C'est une avance d'argent garantie par vos placements, vous permettant d'avoir du liquide sans vendre vos actifs boursiers. C'est un outil puissant, mais risqué. Vous devez donc bien réfléchir aux risques de ce type de financement.

Un crédit vous engage et vous devez le rembourser

Un crédit vous engage et doit être remboursé. Vérifiez vos capacités de remboursement avant de vous engager. Un financement comporte des risques et vous devez être sur de le rembourser.

C’est plus qu’un conseil, c’est unprincipe fondamental de la gestion financière responsable.Un crédit a un coût et vous devez en avoir conscience. C’est aussi qu’un crédit peut vous mener au surendettement.

Nous en profitons pour vous dire qu’un crédit comporte des risques et que vous devez en prendre conscience.  Nous vous invitons à poser vos questions pour bien comprendre quels sont ces risques.

Les risques liés au crédit

Quand on parle de financement, on pense souvent au crédit, à l'emprunt. C'est un outil formidable pour réaliser des projets (acheter une maison, une voiture, lancer son entreprise...), mais comme tout outil puissant, il faut savoir s'en servir et connaître les risques.

 

1. Les Risques Directs (Ceux qu'on voit tout de suite)

 

Ce sont les risques purement financiers et contractuels, ceux qui sont écrits noir sur blanc (même s'il faut parfois bien lire les petites lignes).

  • Le risque de surendettement : C'est le risque n°1. C'est tout simplement le moment où vos mensualités de crédit deviennent trop lourdes par rapport à vos revenus. Vous n'arrivez plus à payer. Cela peut arriver très vite : une perte d'emploi, un accident de la vie, un divorce, ou même une simple mauvaise évaluation de votre budget au départ.

  • Le coût total du crédit (TAEG) : Un crédit n'est jamais gratuit. Le risque ici est de se focaliser uniquement sur la mensualité ("Je peux payer 300€ par mois") et d'oublier le coût total. Sur 20 ans, un prêt immobilier peut vous coûter des dizaines de milliers d'euros en intérêts, en frais de dossier et en assurance. C'est le prix de l'argent qu'on vous prête.

  • Le risque de Taux Variable : Si vous choisissez un prêt à taux variable, votre mensualité peut augmenter (ou baisser) en fonction des marchés financiers. C'est un pari. Si les taux flambent, votre mensualité peut devenir impayable. Le taux fixe est plus sécurisant, car vous savez exactement où vous allez du début à la fin.

  • La garantie (hypothèque, caution) : Que se passe-t-il si vous ne payez plus ? La banque a une sécurité.

    • L'hypothèque : La banque peut saisir le bien que vous avez acheté (votre maison, par exemple) et le vendre pour se rembourser.

    • La caution : Une personne (un proche) ou un organisme s'est porté garant pour vous. Si vous ne payez pas, c'est cette personne qui devra payer à votre place. Cela peut briser des relations familiales.

  • Les pénalités de remboursement anticipé : Vous avez une rentrée d'argent et voulez rembourser votre crédit plus tôt ? C'est super, mais la banque peut vous appliquer des pénalités. C'est légal (dans une certaine limite), mais il faut le savoir pour ne pas avoir de mauvaise surprise.

 

2. Les Risques Indirects (Ceux auxquels on ne pense pas)

 

Ce sont les risques les plus sournois, car ils ne sont pas financiers au départ, mais ils ont des conséquences énormes sur votre vie.

  • L'impact psychologique : Le stress de la dette. Vivre avec une dette, surtout si elle est lourde, pèse sur le moral. Cela peut générer de l'anxiété, des insomnies ("Comment vais-je payer à la fin du mois ?"), de la culpabilité ou même un sentiment de honte. C'est un fardeau mental qu'il ne faut jamais sous-estimer.

  • Le risque sur vos relations : L'argent est un sujet majeur de dispute dans un couple. Un financement engage souvent deux personnes. Si l'un perd son emploi ou si le couple se sépare, la gestion du crédit devient une source de conflit immense ("solidarité de la dette"). Si un ami ou un parent s'est porté caution, cela met une pression terrible sur votre relation.

  • La perte de liberté et de flexibilité : Quand vous avez un crédit important, vous êtes moins libre.

    • Vous hésiterez à quitter un travail qui ne vous plaît plus.

    • Vous ne pourrez pas facilement déménager ou changer de vie.

    • Vous devrez reporter d'autres projets (faire un voyage, prendre une année sabbatique, avoir un enfant...). Un crédit vous "cloue" à une situation stable pour de nombreuses années.

  • Les conséquences du surendettement (le "fichage") : Si vous n'arrivez vraiment plus à payer, vous risquez d'être inscrit au Fichier des Incidents de remboursement des Crédits aux Particuliers (FICP) en France (ou un équivalent ailleurs).

    • Conséquence ? Vous ne pourrez plus souscrire de nouveaux crédits.

    • Mais aussi... Cela peut vous bloquer pour des choses simples comme ouvrir un compte bancaire, avoir un chéquier ou même parfois... trouver un logement (certains propriétaires vérifient).

 

Un financement doit être un levier, pas un poids. Avant de signer quoi que ce soit, posez-vous ces trois questions très simples :

  1. Ai-je vraiment besoin de cet achat MAINTENANT ? (Est-ce une envie ou un besoin vital ?)

  2. Mon budget est-il réaliste ? (Avez-vous compté VRAIMENT toutes vos charges, y compris les imprévus comme une panne de voiture ?)

  3. Que se passe-t-il si... ? (Si je perds mon emploi ? Si je tombe malade ? L'assurance-emprunteur est là pour ça, vérifiez bien ce qu'elle couvre !)

Un bon financement est un financement que vous pouvez rembourser sans avoir à vous priver de tout le reste, et surtout, sans y penser toutes les nuits. Vous devez donc prendre votre décision en prenant le temps.

Que se passe t il si ?

1. Que se passe-t-il si... je perds mon emploi ?

 

C'est la crainte la plus fréquente. Votre principale source de revenus disparaît ou diminue fortement (allocations chômage).

  • La conséquence immédiate : Vous avez toujours la même mensualité à payer, mais avec beaucoup moins d'argent qui rentre.

  • Les "parachutes" :

    • L'assurance emprunteur (Garantie Perte d'Emploi) : C'est la solution n°1. Attention : cette garantie est très souvent optionnelle. Si vous l'avez souscrite, elle peut prendre en charge une partie ou la totalité de vos mensualités.

    • Les limites de cette assurance :

      • Elle ne couvre que les licenciements (pas les démissions, ni les ruptures conventionnelles, ni la fin d'un CDD).

      • Il y a un délai de carence (vous n'êtes pas couvert les 6 ou 12 premiers mois du prêt) et une franchise (l'assurance ne se déclenche qu'après 3 ou 6 mois de chômage).

      • La durée d'indemnisation est limitée (souvent 12 ou 18 mois).

    • Les options du contrat de prêt : Certains contrats permettent de reporter des échéances (suspendre les paiements pendant quelques mois) ou de moduler les mensualités (les baisser temporairement). C'est une bouffée d'air, mais cela allonge la durée du prêt et augmente son coût total.

    • Votre épargne de précaution : C'est votre premier rempart. Avoir 3 à 6 mois de dépenses de côté vous permet de tenir le coup le temps que l'assurance se déclenche ou que vous retrouviez un emploi.

 

2. Que se passe-t-il si... je tombe malade ou j'ai un accident ?

 

Un problème de santé vous empêche de travailler pendant un certain temps (Incapacité Temporaire de Travail - ITT) ou, pire, de façon permanente (Invalidité).

  • La conséquence immédiate : Votre revenu baisse (indemnités journalières de la Sécurité Sociale, qui sont plafonnées) mais le crédit court toujours.

  • Les "parachutes" :

    • L'assurance emprunteur (Garanties ITT/Invalidité) : C'est le cœur de l'assurance.

      • En cas d'arrêt temporaire (ITT) : Après une franchise (souvent 90 jours), l'assurance prend le relais et paie vos mensualités à votre place, le temps de votre arrêt.

      • En cas d'invalidité lourde (PTIA, IPT) : Si vous ne pouvez plus du tout travailler, l'assurance rembourse la totalité du capital restant dû à la banque (selon la part que vous avez assurée, la "quotité").

    • Attention aux exclusions : Lisez bien le contrat ! Certains sports à risque, des problèmes de dos non consolidés ou des affections psychologiques (burn-out, dépression) peuvent être mal couverts ou exclus.

 

3. Que se passe-t-il si... je décède ?

 

C'est le scénario le plus sombre, mais il faut y penser, surtout si vous achetez à deux ou si vous avez des enfants.

  • La conséquence immédiate : La dette ne s'éteint pas avec vous. Elle est transmise à vos héritiers (votre conjoint, vos enfants). Ils héritent de la maison, mais aussi du crédit qui va avec.

  • Le "parachute" (ici, c'est un bouclier) :

    • L'assurance emprunteur (Garantie Décès) : C'est la garantie de base, obligatoire. L'assurance rembourse à la banque le capital qu'il vous restait à payer.

    • Le point clé : la Quotité.

      • Si vous empruntez seul, vous êtes assuré à 100%. Au décès, le prêt est soldé.

      • Si vous empruntez à deux (ex: 50/50), l'assurance ne rembourse que la part de la personne décédée (50%). Le conjoint survivant doit continuer à payer sa moitié.

      • Le conseil : Si le budget le permet, une assurance à 100% sur chaque tête (total 200%) est la protection maximale. Si l'un décède, le prêt est intégralement remboursé, et le survivant n'a plus rien à payer.

 

4. Que se passe-t-il si... je me sépare (divorce, rupture) ?

 

C'est un risque très concret et purement "humain". Vous avez acheté un bien ensemble, vous vous séparez.

  • La conséquence immédiate : Vous ne voulez plus vivre ensemble, mais la banque, elle, s'en fiche. Elle veut être remboursée.

  • Le "piège" juridique : La Solidarité.

    • Quand vous êtes co-emprunteurs, vous êtes "solidaires" de la dette. Cela signifie que la banque peut réclamer la totalité de la mensualité à l'un ou à l'autre, peu importe qui vit dans la maison ou ce que vous avez décidé entre vous.

    • Même si vous partez et laissez le bien à votre ex-conjoint, si celui-ci arrête de payer, la banque se retournera contre vous.

  • Les "solutions" (souvent complexes) :

    • Vendre le bien : C'est la solution la plus simple. Vous vendez la maison/l'appartement, vous remboursez la banque, et vous partagez ce qui reste (la plus-value... ou les dettes s'il y a une moins-value).

    • Rachat de soulte : L'un des deux garde le bien et "rachète" la part de l'autre. Mais pour cela, il faut que la banque accepte de "désolidariser" celui qui part. Elle ne le fera que si les revenus de celui qui reste sont suffisants pour assumer le crédit tout seul.

    • Aucune assurance ne couvre la séparation ! C'est un point à régler entre vous et avec la banque.

 

Conclusion : Que faire de ces "si" ?

 

Le but de tout ça est de transformer l'incertitude en risque maîtrisé.

  1. Avant de signer : Lisez en détail le contrat d'assurance. Quelles sont les exclusions ? Les franchises ? Les quotités ?

  2. Pendant le prêt : Constituez-vous une épargne de précaution. C'est votre assurance personnelle, votre "matelas" en cas de coup dur (panne de voiture, chômage...) avant que les assurances ne se déclenchent.

  3. En cas de problème : N'attendez pas d'être dans le rouge ! Le pire est de faire l'autruche. Contactez votre banquier dès la première difficulté. Il préférera toujours trouver une solution temporaire (reporter une échéance) avec vous plutôt que de lancer une procédure de recouvrement.

 

Que savoir de plus...

1. La différence fondamentale entre "Bonne" et "Mauvaise" Dette

 

C'est peut-être le point le plus important. Tous les financements ne se valent pas, car ce qu'ils financent est différent.

  • La "Bonne" Dette (Dette d'investissement) : C'est un crédit qui vous permet d'acheter quelque chose qui, idéalement, prend de la valeur ou génère des revenus.

    • Exemple n°1 : Le crédit immobilier. Vous achetez une maison qui, on l'espère, vaudra plus cher dans 20 ans. Pendant 20 ans, vous payez un loyer (votre mensualité) pour un bien qui, à la fin, vous appartient.

    • Exemple n°2 : Le prêt étudiant. Vous investissez sur vous-même pour obtenir un diplôme qui (normalement) vous donnera accès à un meilleur salaire, même si ce n'est pas garanti.

    • Exemple n°3 : Le prêt professionnel. Vous achetez une machine qui vous permet de produire plus et donc potentiellement de gagner plus.

On peut donc dire qu'il est toujours mieux de mettre un nouveau revenu en face d'une mensualité de financement.

 

  • La "Mauvaise" Dette (Dette de consommation) : C'est un crédit qui vous permet d'acheter quelque chose qui perd de la valeur immédiatement et ne génère aucun revenu.

    • Exemple n°1 : Le crédit pour acheter une nouvelle TV 8K. Dès sa sortie du magasin, elle vaut 30% de moins.

    • Exemple n°2 : Le crédit pour financer des vacances. Le souvenir est génial, mais une fois revenu, il ne vous reste que la dette à payer.

    • Exemple n°3 : Le crédit revolving (ou crédit renouvelable). C'est souvent la pire de toutes : taux d'intérêt très élevés, elle finance des petites dépenses du quotidien et donne l'illusion d'une réserve d'argent infinie. C'est le piège parfait.

Le conseil : Le risque de remboursement est le même (la banque veut son argent !), mais le risque patrimonial est radicalement différent. L'un vous construit un patrimoine, l'autre le grignote. Un crédit qui "grignote" votre budget n'est pas un "bon" crédit. On vous le déconseille.

 

2. Le Coût d'Opportunité : Le "vrai" coût caché

 

On a parlé des intérêts et des frais. Mais le coût le plus caché, c'est le coût d'opportunité.

C'est une idée simple : chaque euro que vous mettez dans votre mensualité est un euro que vous ne mettez pas ailleurs.

  • Pendant 20 ans, les 1000 € par mois de votre prêt immobilier ne sont pas placés en bourse, ne servent pas à lancer votre projet d'entreprise, à financer les études de vos enfants ou à faire ce tour du monde.

  • Le risque ici est de réussir son financement mais de "rater" le reste. C'est-à-dire, être propriétaire d'une maison mais n'avoir jamais pu épargner ou investir à côté, parce que la mensualité prenait toute la place. Vous devez donc faire vos calculs et prendre conscience de votre engagement.

Le conseil : Votre "taux d'endettement" (la part de vos revenus prise par les crédits) ne doit pas seulement être acceptable pour la banque. Il doit être acceptable pour vous et pour vos autres projets de vie.

 

3. L'Effet "Boule de Neige" des petits crédits

 

Le surendettement commence rarement par UN gros crédit immobilier. Il commence très souvent par une accumulation de "petits" crédits qui semblent anodins :

  1. On commence par le téléphone, payé en 24 fois "sans frais" (30 €/mois).

  2. Puis la voiture, en leasing ou crédit auto (250 €/mois).

  3. Puis un petit crédit "travaux" pour refaire la salle de bain (150 €/mois).

  4. Puis une carte de magasin ou un crédit revolving pour "se faire plaisir" (100 €/mois).

Aucun ne semble dangereux seul. Mais additionnés, ils représentent 530 € par mois. C'est ce "bruit de fond" de la dette qui fragilise le budget et ne laisse aucune place à l'imprévu.

Le conseil : Avant de prendre un nouveau crédit, calculez toujours la somme de TOUTES vos mensualités actuelles pour voir ce qu'il vous restera vraiment pour vivre.

Nous vous rappelons qu'un crédit vous engage et que vous devez le rembourser. Vous devez donc être conscient de ces "petits" crédits non productifs qui "grignotent" votre budget.

4. La Stratégie de Sortie (Le remboursement anticipé)

 

Un crédit n'est pas une fatalité à subir jusqu'au bout. On parle beaucoup des risques à l'entrée, mais pas assez de la stratégie de sortie.

Avoir un plan pour s'en débarrasser plus vite est essentiel.

  • Si vous avez une prime, une augmentation, un petit héritage... que faites-vous ?

    • Option 1 : Vous remboursez une partie de votre crédit.

    • Option 2 : Vous placez cet argent.

  • Le calcul est simple :

    • Si votre crédit vous coûte 3% (TAEG) et que votre placement vous rapporte 2% (net d'impôts) -> Remboursez le crédit !

    • Si votre crédit vous coûte 2% et que vous trouvez un placement sécurisé qui vous rapporte 4% -> Ne remboursez pas, et placez l'argent.

Le conseil : Se libérer d'une dette procure un gain psychologique (la liberté !) qui vaut souvent plus que le simple calcul financier. Pensez à votre "plan de sortie" dès le début. Vous pouvez aussi épargner en même temps que vous payer votre crédit (quand c'est possible). C'est pour ça qu'on vous invite à faire votre budget avant de souscrire un crédit.