Crédit lombard : comment ça marche
Comprendre le crédit lombard de A à Z : mécanisme, actifs que vous pouvez nantir, quotités de financement, taux, fiscalité et risques, pour mobiliser la valeur de vos placements sans les vendre.

Qu’est-ce qu’un crédit lombard ?
Le crédit lombard est un prêt garanti par le nantissement d’un portefeuille d’actifs financiers (valeurs mobilières, fonds, assurance-vie, parfois or ou cryptoactifs). Vous conservez la propriété de vos placements ; ils servent simplement de garantie le temps du crédit. En contrepartie, la banque vous avance des liquidités calculées en pourcentage de la valeur des actifs nantis.
Vendre un portefeuille pour financer un projet, c’est renoncer aux gains futurs et, souvent, déclencher une fiscalité immédiate sur les plus-values. Le crédit lombard contourne ces deux écueils : vos actifs continuent de travailler pendant que vous disposez du cash. C’est l’un des outils centraux présentés sur notre page crédit lombard : financer sans vendre vos actifs.
Comment fonctionne le crédit lombard, étape par étape
Évaluation du portefeuille
L’établissement analyse la composition et la liquidité de vos actifs, puis détermine la valeur retenue comme garantie.
Application de la quotité (LTV)
À chaque classe d’actifs correspond un taux d’avance (loan-to-value). Le montant finançable est un pourcentage de la valeur de marché.
Nantissement et mise à disposition
Les actifs sont nantis au profit du prêteur ; les fonds sont débloqués, libres d’emploi.
Remboursement, souvent in fine
Vous payez généralement les intérêts pendant la durée, le capital étant remboursé à l’échéance ou par anticipation.
Quels actifs peut-on nantir, et pour quel montant ?
La quotité de financement dépend de la liquidité et de la volatilité de l’actif : plus un actif est stable et liquide, plus la banque avance un pourcentage élevé de sa valeur. Les fourchettes ci-dessous sont indicatives et varient selon l’établissement, la qualité du portefeuille et le contexte de marché.
| Actif nanti | Quotité indicative |
|---|---|
| Fonds en euros d’assurance-vie, obligations de qualité | 70 à 90 % |
| Actions cotées de premier rang, OPCVM diversifiés | 50 à 70 % |
| Or et métaux précieux | jusqu’à ~60 % |
| Actifs moins liquides (certaines SCPI, titres concentrés) | 30 à 50 % |
| Cryptoactifs (BTC, ETH) | 25 à 50 % |
Fourchettes données à titre purement indicatif. Chaque dossier est étudié individuellement.
Le crédit lombard se décline selon l’actif mobilisé : sur une assurance-vie, sur de l’or, ou encore sur des cryptoactifs.
Taux et coût du crédit lombard
Le taux d’un crédit lombard est le plus souvent indexé sur un taux de référence court terme (de type Euribor) majoré d’une marge propre à l’établissement. Il est donc évolutif dans le temps. Parce que le prêt est sécurisé par des actifs liquides, il ressort généralement plus compétitif qu’un crédit à la consommation de même montant.
Au coût des intérêts s’ajoutent d’éventuels frais de dossier et de mise en place du nantissement. Le remboursement in fine allège la mensualité (intérêts seuls) mais suppose d’anticiper le remboursement du capital à l’échéance. Pour une première estimation, comparez aussi un montage à taux fixe ou variable.
Fiscalité : l’atout du « sans cession »
Le principal avantage fiscal du crédit lombard découle d’un fait simple : il n’y a pas de vente. Aucune plus-value n’est réalisée, donc aucune imposition (flat tax) n’est déclenchée par l’opération elle-même. Vos placements restent investis et continuent, le cas échéant, de capitaliser.
Selon l’usage des fonds et la nature de l’emprunteur (particulier, société, investisseur en locatif), les intérêts peuvent, dans certains cas, être déductibles. Ce point dépend de votre situation : il doit être validé avec votre conseil fiscal.
Avantages et risques
Ce que vous gagnez
Des liquidités sans vendre · vos actifs continuent de travailler · pas de fiscalité de cession déclenchée · un effet de levier patrimonial · des fonds libres d’emploi.
Ce qu’il faut surveiller
Le risque principal est l’appel de marge : si la valeur des actifs nantis baisse, le ratio de couverture se dégrade et l’établissement peut exiger un apport complémentaire ou la liquidation partielle du portefeuille.
L’appel de marge mérite d’être bien compris avant de se lancer : nous le détaillons, avec les bonnes pratiques pour s’en prémunir, parmi les erreurs à éviter avec le crédit lombard. À l’inverse d’un financement adossé à la pierre, le crédit lombard repose sur des actifs dont la valeur fluctue, d’où l’importance d’une marge de sécurité.
Compte titres, assurance vie, PEA : les supports concernés
Le support qui porte la garantie change tout : la quotité accordée, la souplesse du montage et le délai de mise en place en dépendent. Trois familles reviennent dans la majorité des dossiers.
Le compte titres ordinaire est le support le plus simple à nantir. Les titres y sont détenus en direct, leur valorisation est quotidienne, et le prêteur peut mesurer à tout moment la couverture de son risque. C’est aussi le cas où les actifs restent investis sans aucune modification : vous continuez d’arbitrer, dans les limites fixées par l’acte de nantissement.
Les contrats d’assurance vie suivent une autre mécanique. Le nantissement passe par un avenant signé avec l’assureur, qui en prend acte. Le fonds en euros, peu volatil, obtient les quotités les plus élevées ; une allocation très exposée aux unités de compte fait baisser le taux d’avance. Ce montage est détaillé sur notre page financement adossé à une assurance-vie.
Le PEA, enfin, est plus contraint : les règles propres à l’enveloppe limitent ce qui peut être mis en garantie, et tous les établissements ne l’acceptent pas. Un compte titres détenu par ailleurs sert alors souvent de support de substitution.
Quelle que soit l’enveloppe, le principe ne bouge pas : les actifs mis en garantie ne sont ni vendus ni transférés. Ils sortent du nantissement dès la mainlevée, une fois le prêt soldé.
Ligne de crédit ou prêt in fine : les deux formes du montage
Deux structures coexistent, et le choix entre elles pèse plus sur votre trésorerie que la négociation de quelques points de base sur le taux.
Dans la première, l’établissement accorde une ligne de crédit adossée au portefeuille. Vous tirez les fonds quand vous en avez besoin, vous remboursez quand vous le souhaitez, et les intérêts ne courent que sur les sommes réellement utilisées. C’est la formule la plus souple pour un besoin discontinu : une opportunité à saisir, un décalage de trésorerie, un apport à faire vite.
Dans la seconde, le montage prend la forme d’un prêt in fine. Le capital est débloqué en une fois, vous ne payez que les intérêts pendant la durée, et le capital est remboursé à l’échéance. La charge mensuelle est faible, mais il faut avoir prévu d’où viendra ce capital final : une cession programmée, un flux attendu, ou le renouvellement de la ligne.
Dans les deux cas, un remboursement partiel reste généralement possible en cours de route. Ce n’est pas qu’une facilité de confort : rembourser une fraction du capital rétablit la marge de couverture et éloigne le risque d’appel de marge quand les marchés baissent. C’est le levier le plus simple pour reprendre de l’air sans toucher au portefeuille.
À quoi sert la trésorerie débloquée
Les dossiers se répartissent en quelques usages récurrents. Le plus fréquent est l’apport immobilier : disposer du comptant exigé par la banque sans liquider un portefeuille qui travaille. Vient ensuite le financement professionnel, quand un dirigeant préfère mobiliser son patrimoine personnel plutôt que de diluer son capital ou d’attendre un accord bancaire classique.
Deux autres cas reviennent souvent : le besoin de trésorerie à court terme, le temps qu’une opération se dénoue, et le réinvestissement, lorsque les fonds obtenus servent à saisir une occasion sans vendre ce qui est déjà en place. Ce dernier cas demande de la prudence : emprunter sur un portefeuille pour réinvestir sur les marchés ajoute un levier sur un levier, et l’appel de marge devient nettement plus probable en cas de baisse.
Ce qui fait accepter ou refuser un dossier
Les refus tiennent rarement au montant demandé. Ils tiennent à la composition de ce qui est apporté en garantie.
Un portefeuille concentré sur deux ou trois lignes, même de belle qualité, inquiète davantage qu’un portefeuille diversifié de valeur comparable : la chute d’un seul titre suffirait à dégrader la couverture. La liquidité compte autant que la valeur, car un actif qui ne se vend pas en quelques jours ne protège pas réellement le prêteur. C’est ce qui explique les quotités basses appliquées aux supports peu liquides.
La durée demandée et l’usage des fonds entrent aussi dans l’analyse, de même que la cohérence d’ensemble : un emprunt dont les intérêts annuels dépassent ce que le portefeuille peut raisonnablement produire fait porter la charge sur votre trésorerie, pas sur vos actifs. C’est le point que nous regardons en premier lors d’une étude, avant même de parler de taux.
Crédit lombard ou autres solutions ?
Le crédit lombard s’adosse à un portefeuille financier. Lorsque la garantie est un bien immobilier, on parle de crédit hypothécaire : la logique « mobiliser sans vendre » est la même, mais l’actif, les quotités et les délais diffèrent. Les deux approches sont d’ailleurs souvent combinées dans une stratégie de monétisation d’actifs. Pour les patrimoines composés à la fois de titres et d’immobilier, on compare régulièrement le crédit lombard au crédit hypothécaire afin de retenir le levier le plus pertinent.
Questions fréquentes
Faut-il vendre ses placements pour obtenir un crédit lombard ?
Non. Vous conservez la pleine propriété de vos actifs ; ils sont seulement nantis comme garantie le temps du crédit, et continuent de produire leurs rendements éventuels.
Quel montant peut-on emprunter ?
Le montant correspond à une quotité de la valeur des actifs nantis : souvent 70 à 90 % pour des fonds très liquides, 50 à 70 % pour des actions de premier rang, et des taux plus prudents pour les actifs volatils. Chaque dossier est étudié au cas par cas.
Qu’est-ce qu’un appel de marge ?
Si la valeur du portefeuille nanti baisse fortement, la garantie ne couvre plus le prêt dans les proportions requises. L’établissement peut alors demander un apport complémentaire d’actifs ou de liquidités, ou procéder à une liquidation partielle. C’est le risque clé à anticiper.
Le crédit lombard est-il fiscalisé ?
L’opération ne déclenche pas d’imposition car il n’y a pas de cession et donc pas de plus-value réalisée. Selon votre situation, les intérêts peuvent parfois être déductibles : à valider avec votre conseil.
Quels actifs sont éligibles ?
Principalement les valeurs mobilières et fonds (actions, obligations, OPCVM), l’assurance-vie, et selon les établissements l’or ou certains cryptoactifs. La liquidité et la stabilité de l’actif déterminent la quotité accordée.
Aller plus loin
Un dossier de crédit lombard s’étudie sur mesure, selon la composition de votre portefeuille.
VÉRIFIEZ VOS CAPACITÉS DE REMBOURSEMENT AVANT DE VOUS ENGAGER. »
Cet article est fourni à titre d’information générale et ne constitue ni un conseil en investissement, ni un conseil fiscal, ni une offre de prêt. Les quotités, taux et règles fiscales évoqués sont indicatifs et varient selon les établissements et les situations. En cas de baisse de valeur des actifs nantis, un appel de marge peut entraîner un apport complémentaire ou la liquidation partielle du portefeuille. Toute opération est soumise à l’étude et à l’acceptation de l’organisme prêteur.
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