Finance d’entreprise
Indicateurs de création de valeur : VAN, TRI, FCF et ROIC
Une entreprise peut afficher un bénéfice chaque année et pourtant détruire de la valeur. Il suffit que ses capitaux lui rapportent moins que ce qu’ils coûtent. Les indicateurs de création de valeur servent à le mesurer, pour l’entreprise comme pour un projet d’investissement. Voici les quatre principaux, comment les calculer, et leurs limites.
Contenu pédagogique, à jour en septembre 2026. Il ne constitue ni un conseil en investissement ni une offre de financement.

Indicateurs de création de valeur : VAN, TRI, FCF et ROIC
Un dirigeant présente un projet d’investissement à sa banque. Le compte de résultat prévisionnel est bénéficiaire dès la deuxième année. Pourtant, le banquier hésite. Il regarde autre chose : ce que le projet rapportera réellement en trésorerie, à quel moment, et si ce rendement dépasse le coût de l’argent mobilisé pour le financer.
Ces questions ont des réponses chiffrées. Elles reposent sur quelques indicateurs standards de la finance d’entreprise, que tout dirigeant gagne à savoir lire avant de défendre un projet ou de choisir un financement.
Il mesure un résultat sur une année, selon des règles comptables. Il ne dit rien du capital immobilisé pour l’obtenir, ni du moment où l’argent entre réellement.
Elle compare ce que rapportent les capitaux investis avec ce qu’ils coûtent, en tenant compte du temps. Un projet crée de la valeur si son rendement dépasse ce coût.
1. Le flux de trésorerie disponible
Le flux de trésorerie disponible, souvent désigné par son sigle anglais FCF, mesure l’argent que l’activité libère une fois payés l’impôt, les investissements et la hausse du besoin en fonds de roulement. C’est la somme qui peut réellement servir à rembourser les dettes ou rémunérer les associés.
Flux de trésorerie disponible = excédent brut d’exploitation, moins l’impôt sur le résultat d’exploitation, moins les investissements de l’année, moins la hausse du besoin en fonds de roulement.
2. La valeur actuelle nette, ou VAN
La VAN additionne les flux futurs d’un projet après les avoir actualisés, c’est à dire ramenés à leur valeur d’aujourd’hui, puis retranche l’investissement de départ. Une VAN positive signifie que le projet rapporte plus que le taux exigé. Une VAN négative, qu’il en détruit.
Pour un investissement de 100 000 euros, la VAN est donc de 19 782 euros (119 782 moins 100 000). Chaque flux est divisé par 1,08 élevé à la puissance du nombre d’années : le flux de l’année 1 vaut 30 000 divisé par 1,08, soit 27 778 euros. Cet exemple est pédagogique : le résultat dépend entièrement des flux prévus et du taux retenu.
3. Le taux de rendement interne, ou TRI
Le TRI est le taux d’actualisation pour lequel la VAN devient nulle. Dans l’exemple, il est d’environ 15,2 % : au delà de ce taux, le projet ne crée plus de valeur. On compare le TRI au coût du financement ou au rendement exigé par les associés. Le TRI est parlant, mais trompeur quand les flux changent de signe plusieurs fois ou quand on compare des projets de tailles très différentes : la VAN reste alors la référence.
4. Le ROIC comparé au coût du capital
Le ROIC mesure la rentabilité des capitaux investis dans l’entreprise : résultat d’exploitation après impôt divisé par les capitaux investis, fonds propres et dettes financières. Il se compare au coût moyen pondéré du capital, qui combine le coût de la dette après impôt et le rendement exigé par les actionnaires. La différence, multipliée par les capitaux investis, donne la valeur créée ou détruite sur l’année.
Illustration, à titre pédagogique. Une entreprise mobilise 2 000 000 euros de capitaux et dégage un résultat d’exploitation après impôt de 180 000 euros. Son ROIC est de 9 % (180 000 divisé par 2 000 000).
Si son coût moyen pondéré du capital est de 7 %, elle crée 40 000 euros de valeur sur l’année ((9 % moins 7 %) x 2 000 000). S’il était de 10 %, elle en détruirait 20 000 euros ((9 % moins 10 %) x 2 000 000), tout en restant bénéficiaire. Ces chiffres sont des hypothèses.
Le lien avec le financement
Le choix du financement agit directement sur le coût du capital. La dette coûte en général moins cher que les fonds propres, d’autant que ses intérêts sont déductibles du résultat imposable, mais elle ajoute un risque : au delà d’un certain niveau, la banque et les associés exigent davantage, et le coût moyen remonte. Trouver le bon équilibre est l’objet de notre article financement d’entreprise : créer de la valeur.
- Les hypothèses décident de tout. Une VAN repose sur des flux prévus et un taux choisi : une variation modeste de l’un ou de l’autre peut changer le signe du résultat.
- Le taux d’actualisation se justifie. Il doit refléter le coût réel du financement et le risque du projet, pas un chiffre commode.
- La trésorerie compte autant que la rentabilité. Un projet à VAN positive peut mettre l’entreprise en difficulté si ses flux arrivent trop tard par rapport aux échéances de remboursement.
Pour distinguer ces notions d’autres indicateurs de performance, notre article valeur ajoutée et création de valeur reprend les définitions, et notre article sur les intérêts composés explique le mécanisme de l’actualisation.
Un crédit vous engage et doit être remboursé. Vérifiez vos capacités de remboursement avant de vous engager.
Une entreprise crée de la valeur quand ses capitaux lui rapportent plus qu’ils ne lui coûtent. Le bénéfice seul ne suffit pas à le prouver.
Questions fréquentes
Quelle différence entre VAN et TRI ?
Quel taux d’actualisation retenir ?
Une entreprise bénéficiaire peut-elle détruire de la valeur ?
Pourquoi la banque regarde-t-elle le flux de trésorerie disponible ?
À retenir : le flux de trésorerie disponible mesure l’argent réellement libéré, la VAN et le TRI tiennent compte du temps, et le ROIC comparé au coût du capital dit si l’entreprise crée ou détruit de la valeur. Tous reposent sur des hypothèses qu’il faut exposer et tester.
Vous préparez un projet d’investissement et voulez le présenter à votre banque avec des indicateurs solides ? Un échange permet de vérifier vos flux, votre taux et votre plan de financement.
Cet article a une vocation pédagogique. Les montants et taux cités sont des hypothèses d’illustration. Il ne constitue ni un conseil en investissement, ni une offre de financement. Tout financement reste soumis à l’accord de l’établissement prêteur après étude du dossier. DB France Invest, intermédiaire en opérations de banque et en services de paiement, ORIAS n° 20008511.


