Patrimoine et résidence principale
Financer sa résidence principale sans fragiliser son patrimoine
La résidence principale est souvent le premier poste d’un patrimoine, et le seul qui ne rapporte aucun revenu. Au moment de l’acheter, beaucoup de ménages vident leur épargne pour l’apport, puis découvrent qu’il ne leur reste plus de marge pour le reste de leur vie. Voici comment raisonner avant de signer, ce que la banque regarde, et ce que coûte chaque façon de réunir l’apport.
Information générale, à jour en septembre 2026. Elle ne constitue ni une offre de crédit ni un conseil personnalisé.

Résidence principale : la financer sans vider son épargne
Le scénario est fréquent. Un couple a constitué une épargne sérieuse, souvent sur une assurance-vie, et trouve enfin le logement qu’il cherchait. Pour rassurer la banque, il met presque tout dans l’apport. Le prêt est accordé, le logement est acheté, et le couple se retrouve propriétaire d’un bien qui ne rapporte rien, avec une épargne de précaution réduite au minimum.
Rien n’est perdu, mais l’équilibre du patrimoine a basculé d’un coup. Une dépense imprévue, un projet professionnel, une période sans revenus, et c’est la mensualité qui devient difficile à tenir. Le bon financement d’une résidence principale ne se juge donc pas seulement au taux obtenu. Il se juge à ce qu’il laisse disponible après la signature.
Le crédit est plus petit et la mensualité plus légère. Mais l’épargne disponible fond, et avec elle la capacité à faire face à un imprévu.
On garde une réserve de précaution, on choisit quels placements mobiliser et comment, et on mesure le coût de chaque option avant de décider.
Ce que la banque regarde vraiment
Un crédit pour une résidence principale obéit aux règles du Haut Conseil de stabilité financière, maintenues le 15 septembre 2026. Le taux d’effort, c’est à dire la part des revenus consacrée au remboursement de tous vos crédits, ne doit pas dépasser 35 %, assurance emprunteur comprise. La durée est plafonnée à 25 ans, 27 ans lorsqu’un différé est justifié par des travaux ou une construction. Le détail de ces règles figure dans notre article sur les règles du HCSF en septembre 2026.
Au delà de ces plafonds, la banque apprécie votre reste à vivre, la stabilité de vos revenus et la tenue de vos comptes. Elle regarde aussi ce qui vous restera une fois l’apport versé : un dossier qui conserve une épargne après l’achat rassure davantage qu’un dossier qui a tout engagé.
Toutes vos charges de crédit comptent dans le taux d’effort, y compris celles d’un prêt souscrit pour réunir l’apport. Emprunter ailleurs pour gonfler l’apport ne fait donc pas disparaître la charge : elle se retrouve dans le calcul.
Pour mesurer votre marge avant de rencontrer un banquier, notre article simuler sa capacité d’emprunt détaille la méthode et les pièges les plus courants.
Trois façons de réunir l’apport
C’est la voie la plus simple : livrets, comptes courants, épargne sans contrainte. Elle ne coûte rien en impôt. La seule question est celle du montant à conserver en réserve, que l’on fixe souvent à plusieurs mois de dépenses courantes.
Le rachat partiel met fin à une fraction du contrat. Seule la part de gains comprise dans la somme retirée est imposable, avec un abattement annuel après huit ans de contrat. En contrepartie, la somme retirée cesse de travailler dans le contrat.
Le contrat n’est pas racheté : il est nanti au profit d’une banque qui accorde un crédit, souvent appelé crédit lombard. Le contrat reste investi. En contrepartie, des intérêts sont dus, et la garantie peut être appelée.
Le choix entre ces voies dépend de l’ancienneté du contrat, de la part de gains qu’il contient, de la répartition entre fonds en euros et unités de compte, et de votre capacité à porter une charge de crédit supplémentaire. Le fonctionnement du nantissement est détaillé dans notre article sur le nantissement d’assurance-vie.
Le crédit adossé à une assurance-vie, avec ses contreparties
Donner son contrat en garantie plutôt que le racheter évite de réduire l’épargne et de déclencher l’impôt sur les gains. Ce n’est pas pour autant une solution sans coût. La banque ne prête qu’une fraction de la valeur du contrat, au plus 80 % sur les supports les plus sûrs et nettement moins sur les supports exposés aux marchés. Les intérêts sont dus quoi qu’il arrive, et le capital doit être remboursé à l’échéance.
Surtout, si la valeur des unités de compte baisse, la garantie peut devenir insuffisante. La banque demande alors de compléter la garantie ou de rembourser une partie du prêt : c’est l’appel de marge. Le mécanisme complet est présenté dans notre article crédit lombard et assurance-vie.
Illustration, à titre pédagogique. Un couple achète sa résidence principale et doit réunir 100 000 euros d’apport. Il détient une assurance-vie de 300 000 euros, dont 150 000 euros en fonds en euros. S’il rachète 100 000 euros, le contrat descend à 200 000 euros et la part de gains incluse dans le retrait est imposée.
S’il nantit le contrat, celui-ci reste à 300 000 euros. Sur la seule poche en fonds en euros, une quotité de 80 % représente au plus 120 000 euros (150 000 euros x 80 %), la décision revenant à la banque. Le couple supporte alors les intérêts d’un crédit de 100 000 euros, qui entrent dans son taux d’effort, et il s’expose à un appel de marge si la garantie comprend des unités de compte qui baissent. Aucune des deux voies n’est gratuite : il s’agit de choisir le coût que l’on accepte de porter.
Un crédit vous engage et doit être remboursé. Vérifiez vos capacités de remboursement avant de vous engager.
Une règle que nous appliquons sans exception
DB France Invest ne monte pas de refinancement hypothécaire sur la résidence principale. Quand un client a besoin de liquidités, nous regardons d’abord les autres actifs qu’il détient : placements financiers, bien locatif, résidence secondaire, local professionnel. Le logement familial reste en dehors de ces opérations.
La résidence principale conserve en revanche des atouts fiscaux propres. La plus-value réalisée lors de sa vente est exonérée d’impôt, selon l’article 150 U du code général des impôts, et elle bénéficie d’un abattement de 30 % sur sa valeur pour le calcul de l’impôt sur la fortune immobilière.
Un bon financement de résidence principale ne se mesure pas au taux obtenu. Il se mesure à ce qu’il vous laisse le lendemain de la signature.
Questions fréquentes
Faut-il obligatoirement un apport pour acheter sa résidence principale ?
Peut-on emprunter pour financer l’apport ?
Vaut-il mieux racheter son assurance-vie ou la nantir ?
La résidence principale peut-elle servir de garantie pour obtenir des liquidités ?
À retenir : la résidence principale est un achat de vie, pas un placement. Son financement doit respecter les règles du HCSF, préserver une épargne de précaution et comparer honnêtement le coût de chaque façon de réunir l’apport.
Vous préparez l’achat de votre résidence principale et voulez savoir quelle part de votre épargne mobiliser, et comment ? Un échange permet de poser les chiffres avant de rencontrer la banque.
Cet article a une vocation d’information générale sur les règles en vigueur en septembre 2026. Il ne constitue ni une offre de crédit, ni un conseil fiscal ou patrimonial personnalisé. Tout financement reste soumis à l’accord de l’établissement prêteur après étude du dossier. DB France Invest, intermédiaire en opérations de banque et en services de paiement, ORIAS n° 20008511.


